La vie d'un Mini-wheats
Notre ombre est quelque chose de fascinant. Une partie de nous inexplorée, souvent laissée pour contre. Tantôt absente, tantôt gigantesque. La tienne est d'une taille excellente, elle a été bien nourrie au fil des années, à coup de refoulements et d'oublis. Parce qu'ici on ne parle pas de l'ombre physique, mais bien de celle qui est dans ta tête. Elle suit ton ego, cet élément lumineux et un brin narcissique de toi-même, qui te présente sous ton meilleur jour. Ton ombre te suit nuit et jour, discrètement, absorbant ces parties de toi que tu ne veux pas voir, ou qui sont jugées inacceptables par la société, par ta famille, tes amis. En gros, elle ressemble à un négatif de toi.

L'ombre en général est en colère, elle porte une indicible tristesse, celle d'être reléguée aux oubliettes alors qu'elle aurait tant de choses à dire, à penser, à vivre! L'ombre est anticonformiste. Elle recèle toute la beauté de ce qui ne cadre pas dans la société. En plus d'être alcoolique et agressive, l'ombre est une artiste, elle aime la nature, le temps qui passe, tout ce qui fait qu'elle est différente de toi, du moins de la partie consciente de toi.
L'ombre, c'est ce petit ver tout noir qui ne fait pas ton affaire, qui clashe dans le beau portrait de ta vie que tu t'évertues à construire avec des doses massives d'énergie. C'est la faille au coin du miroir. C'est cet élément dérangeant, tannant comme un moustique, qui vient dans tes rêves sous forme de zombie ou de femme-grenouille, te rappeler que quelque chose cloche. Elle trouve toujours un moyen de te rappeler qu'elle est là, que tu le veuilles ou non. Et avec la crise que tu te pètes, à tout remettre en question, la glace qui sépare ton image de ton subconscient est amincie, si mince que tu peux voir dans les profondeurs. Que tu peux entendre les chaînes grincer...
Petit ver tout noir (PVTN) : Je vous entends là, pas besoin de jaser dans mon dos!
Super vivante (SV) : Ah! Wow, c'est vrai que t'es quand même amoché.
PVTN : Amoché, tu dis? Ça fait 15 ans que je me fais chier ici, tu vas m'écouter pour une fois?
SV : Je ne sais pas pourquoi, mais malgré ta laideur et ta difformité...
PVTN : Bon, pas besoin d'en rajouter!
SV : (J'en rajoute pas) il y a quelque chose de sauvagement beau et d'attirant en toi, plus attirant qu'aucun des hommes que j'ai jamais croisés...
PVTN : Allez, dis-le que tu m'aimes!
SV : Ouais. J'vais finir par comprendre pourquoi je t'ai gardé enfermé tout ce temps là!
PVTN : Qu'est-ce que tu veux, t'es drabbe à en crever, avec tes phrases pompeuses et ta dignité. Je suis ton humour de taverne. Parce que t'en as un, oui! Tu l'aimes juste pas.
SV : Ok, humour de taverne, check. Mais encore?
PVTN : Pour ne pas tourner autour du pot, l'écriture, je sais que t'aimes ça. T'en manges! T'avais cinq ans et tu écrivais déjà des petites BD...
SV : Mais je ne suis plus capable d'écrire!
PVTN : Ah bon? Tu t'es fait couper les mains?
SV : Ha. ha. C'était tellement facile, avant, quand j'avais 14 ou 16 ans, d'écrire, les idées coulaient de moi... mais maintenant je me sens comme une roche, froide et dure et imperméable à l'inspiration.
PVTN : Et j'imagine que tu te pratiques souvent, tous les soirs? C'est comme ça que tu sais que tu n'as pas d'inspiration?
SV : Pour te dire la vérité, je n'écris pas. Ou juste quelques fois par année. Mais à chaque fois, ça sort tout croche...
PVTN : Pas surprenant.
SV : Pourquoi tu dis ça?
PVTN : Tu sais, l'écriture, l'imagination, la créativité, ce sont des muscles comme les autres. Si tu ne t'entraînes pas, ils dégénèrent. C'est comme si tu restais au lit pendant des années, et ensuite tu t'attends à te lever et à marcher du jour au lendemain!
SV : Ouais, vu comme ça...
PVTN : Alors est-ce que tu peux lâcher ce blogue et ÉCRIRE?
SV : Bah, qu'est-ce que je fais en ce moment même, à ton avis?
PVTN : Oui, mais t'es encore en train de te plaindre. Là, je veux de la création, de l'exaltation, du beau, du vrai et de l'infini! C'est compris?
(Fin de la conversation utile)
Comme tu le constater, ton ombre est une mine de renseignements sur toi-même, elle peut t'aider si tu l'écoutes bien. Ton ombre t'appelle à te révolter contre l'ordre établi, contre les attentes de la société ou de tes parents, contre un boulot rassurant et au standing excellent, mais plus plate qu'un cimetière. Ton être tout entier a besoin d'action, besoin que tu lâches le statut quo, que tu te lances dans ce que tu désires le plus - et qui te fait le plus peur. C'est ton ombre qui initie le mouvement, mais c'est à toi de continuer la danse.
Elle peut être belle, ton ombre. Suffit de la regarder avec amour. Si tu sais l'apprécier et l'amadouer, tu réalises qu'elle est une partie de toi, au même titre que cet ego si puissant que tu affiches.
En fin compte, c'est vrai que tu es comme un Mini-wheats, un être solide et sain. Et ton ombre en est le côté givré.
* En passant, cette théorie sur l'ombre ne vient pas de la tête de l'auteure de ce blogue, mais bien du livre «Apprivoiser son ombre» du regretté Jean Monbourquette et plus loin encore, des théories de C. G. Jung, élève dissident de Sigmund Freud.
L'ombre en général est en colère, elle porte une indicible tristesse, celle d'être reléguée aux oubliettes alors qu'elle aurait tant de choses à dire, à penser, à vivre! L'ombre est anticonformiste. Elle recèle toute la beauté de ce qui ne cadre pas dans la société. En plus d'être alcoolique et agressive, l'ombre est une artiste, elle aime la nature, le temps qui passe, tout ce qui fait qu'elle est différente de toi, du moins de la partie consciente de toi.
L'ombre, c'est ce petit ver tout noir qui ne fait pas ton affaire, qui clashe dans le beau portrait de ta vie que tu t'évertues à construire avec des doses massives d'énergie. C'est la faille au coin du miroir. C'est cet élément dérangeant, tannant comme un moustique, qui vient dans tes rêves sous forme de zombie ou de femme-grenouille, te rappeler que quelque chose cloche. Elle trouve toujours un moyen de te rappeler qu'elle est là, que tu le veuilles ou non. Et avec la crise que tu te pètes, à tout remettre en question, la glace qui sépare ton image de ton subconscient est amincie, si mince que tu peux voir dans les profondeurs. Que tu peux entendre les chaînes grincer...
Petit ver tout noir (PVTN) : Je vous entends là, pas besoin de jaser dans mon dos!
Super vivante (SV) : Ah! Wow, c'est vrai que t'es quand même amoché.
PVTN : Amoché, tu dis? Ça fait 15 ans que je me fais chier ici, tu vas m'écouter pour une fois?
SV : Je ne sais pas pourquoi, mais malgré ta laideur et ta difformité...
PVTN : Bon, pas besoin d'en rajouter!
SV : (J'en rajoute pas) il y a quelque chose de sauvagement beau et d'attirant en toi, plus attirant qu'aucun des hommes que j'ai jamais croisés...
PVTN : Allez, dis-le que tu m'aimes!
SV : Ouais. J'vais finir par comprendre pourquoi je t'ai gardé enfermé tout ce temps là!
PVTN : Qu'est-ce que tu veux, t'es drabbe à en crever, avec tes phrases pompeuses et ta dignité. Je suis ton humour de taverne. Parce que t'en as un, oui! Tu l'aimes juste pas.
SV : Ok, humour de taverne, check. Mais encore?
PVTN : Pour ne pas tourner autour du pot, l'écriture, je sais que t'aimes ça. T'en manges! T'avais cinq ans et tu écrivais déjà des petites BD...
SV : Mais je ne suis plus capable d'écrire!
PVTN : Ah bon? Tu t'es fait couper les mains?
SV : Ha. ha. C'était tellement facile, avant, quand j'avais 14 ou 16 ans, d'écrire, les idées coulaient de moi... mais maintenant je me sens comme une roche, froide et dure et imperméable à l'inspiration.
PVTN : Et j'imagine que tu te pratiques souvent, tous les soirs? C'est comme ça que tu sais que tu n'as pas d'inspiration?
SV : Pour te dire la vérité, je n'écris pas. Ou juste quelques fois par année. Mais à chaque fois, ça sort tout croche...
PVTN : Pas surprenant.
SV : Pourquoi tu dis ça?
PVTN : Tu sais, l'écriture, l'imagination, la créativité, ce sont des muscles comme les autres. Si tu ne t'entraînes pas, ils dégénèrent. C'est comme si tu restais au lit pendant des années, et ensuite tu t'attends à te lever et à marcher du jour au lendemain!
SV : Ouais, vu comme ça...
PVTN : Alors est-ce que tu peux lâcher ce blogue et ÉCRIRE?
SV : Bah, qu'est-ce que je fais en ce moment même, à ton avis?
PVTN : Oui, mais t'es encore en train de te plaindre. Là, je veux de la création, de l'exaltation, du beau, du vrai et de l'infini! C'est compris?
(Fin de la conversation utile)
Comme tu le constater, ton ombre est une mine de renseignements sur toi-même, elle peut t'aider si tu l'écoutes bien. Ton ombre t'appelle à te révolter contre l'ordre établi, contre les attentes de la société ou de tes parents, contre un boulot rassurant et au standing excellent, mais plus plate qu'un cimetière. Ton être tout entier a besoin d'action, besoin que tu lâches le statut quo, que tu te lances dans ce que tu désires le plus - et qui te fait le plus peur. C'est ton ombre qui initie le mouvement, mais c'est à toi de continuer la danse.
Elle peut être belle, ton ombre. Suffit de la regarder avec amour. Si tu sais l'apprécier et l'amadouer, tu réalises qu'elle est une partie de toi, au même titre que cet ego si puissant que tu affiches.
En fin compte, c'est vrai que tu es comme un Mini-wheats, un être solide et sain. Et ton ombre en est le côté givré.
* En passant, cette théorie sur l'ombre ne vient pas de la tête de l'auteure de ce blogue, mais bien du livre «Apprivoiser son ombre» du regretté Jean Monbourquette et plus loin encore, des théories de C. G. Jung, élève dissident de Sigmund Freud.
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